Il était une fois dans l’Ouest (1968)
mars 24th, 2010Titre original: C’era una Volta il West
Année de production: 1968
Réalisateur: Sergio Léone
Distribution: Charles Bronson, Henry Fonda, Jason Robards, Claudia Cardinale…
Durée: 165 min

Trois hommes aux visages patibulaires vêtus de longs cache-poussières débarquent sur un quai de gare paumé au beau milieu du désert. Ainsi débute ce qui est sans doute la scène d’ouverture la plus connue du 7ème art : une séquence dilatée de 9’30 servant de générique, sans musique, et reposant uniquement sur quelques sons d’éolienne mal graissée, de gouttes d’eau tombant sur le crâne chauve du charismatique Woody Strode, et d’une mouche bourdonnant à l’oreille d’un Jack Elam à l’œil de verre plus luisant que jamais. Les puristes reconnaîtront l’hommage de Léone au classique de Fred Zinnemann « Le train sifflera trois fois » où trois tueurs attendent le train devant amener leur complice.

Jack Elam ou l’un des visages patibulaires les plus célèbres d’Hollywood
Le train finit par entrer en gare et le film peut véritablement débuter avec l’arrivée du premier grand protagoniste de ce film : un homme sans nom (Charles Bronson) qui annonce sa présence au son d’un harmonica (Léone s’inspirant du « Johnny Guitar » de Nicholas Ray). Le duel est inévitable et orchestré dans la plus pure tradition léonienne : un long moment d’attente précéde une explosion de violence. Nous apprendrons par la suite que l’Harmonica est à la recherche de Frank (Henry Fonda), un redoutable tueur à gages aux yeux bleu-azur, qui travaille pour le compte de Morton, le directeur d’une compagnie de chemin de fer. Ce dernier lui a demandé d’intimider de pauvres propriétaires terriens, les McBain, mais Frank préfère de loin massacrer toute la famille. Cette scène offre l’occasion à Léone de rendre un nouvel hommage, à George Stevens et son « Homme des Vallées Perdues » cette fois.

Le Cheyenne (Jason Robards) et l’Harmonica (Charles Bronson)
Seul problème pour Morton et ses complices : voilà que débarque de la Nouvelle-Orléans une certaine Mme Jill McBain (incarnée par la lumineuse Claudia Cardinale), une prostituée qui s’est mariée dans le plus grand secret au père McBain. Elle découvre le massacre de ce qui devait être sa nouvelle famille et décide de rester sur place pour comprendre d’où venait la richesse promise par son défunt mari. Elle croise alors la route du Cheyenne (Jason Robards), un bandit au grand cœur, accusé à tort du massacre de la famille, et de l’Harmonica qui lui sauve la vie et décide de l’aider. Il a en effet compris que le terrain des McBain est d’une valeur inestimable car il dispose du seul point d’eau de la région. Une ville entière pourrait y voir le jour. Seul condition pour que la concession de McBain soit valable : y construire une gare avant l’arrivée du train. L’Harmonica et le Cheyenne décident donc de l’aider dans cette tâche. Mais leur implication dans cette histoire les conduira inévitablement à affronter Morton et Frank, ce qui n’est pas pour déplaire à l’Harmonica qui semble avoir un vieux compte à régler avec le redoutable pistolero.
Jill (Claudia Cardinale) sous la menace de Frank (Henry Fonda)
Avec « Il était une fois dans l’Ouest », Léone dépeint son Ouest Américain : un monde sauvage et archaïque, peuplé de gens au passé trouble, et où la vengeance semble être le seul moyen de rendre justice. Avec ce film, il rend aussi et surtout hommage aux classiques du western hollywoodien. On notera tout particulièrement son vibrant hommage à John Ford en tournant une scène en plein cœur de Monument Valley et en s’inspirant de « La poursuite infernale » à plusieurs reprises. Les plus cinéphiles noteront aussi les clins d’œil à « L’homme aux pistolets d’or » (avec Henry fonda), « Vera Cruz » de Robert Aldrich, ou « La prisonnière du désert ». Techniquement parlant, on retrouve dans ce film tout ce qui fait le cinéma d’un Sergio Léone à son apogée : de gros plans sur des visages burinés, de longs travellings (comme celui de l’arrivée de Jill), des séquences de duels très travaillées et directement posées sur la musique à la fois mélancolique et épique d’Ennio Morricone. Bref, on s’en prend plein les mirettes et plein les esgourdes. Au final, Léone nous livre une fresque monumentale somptueusement baroque à savourer religieusement.
Petit cadeau: la bande-annonce originale
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